Exhibition Toulouse CCHa

20 Apr 2019 -- Posted by : david

Photographies d’architectures ou architectures photo-graphiques, de David Banks.

Architecture et photographie ont rarement été portées à un tel degré de convergence où l’arkhe-tektone (la construction selon le principe) et le photo-graphein (l’écriture de la lumière) se marient au point qu’elles nous semblent procéder d’un même et unique principe. Tout se passe comme si ce point où les réalités les plus hautes selon Pythagore, les nombres et la géométrie, et la lumière la plus vive, rencontrant la matière des choses, par ses rythmes et vibrations, révèlent une même vérité les unes selon l’intellect et l’autre selon la “divine nature“.

Car dans ces expressions qui sont autant d’impressions, comme on le dit d’un livre, écrit dans la langue universelle de l’architecture, c’est la lumière qui est sans cesse magnifiée, révélée comme vérité première par la matière même de nos œuvres.

Mais trêve de philosophie laquelle n’a jamais su rendre compte du miracle d’un accord sensible, de cette incalculable harmonie et de cette subtile émotion qui émane de chacune de ces images, toutes différentes et pourtant animées d’une même âme qui communique sans mots ni concepts avec les autres âmes et nous parle dans la langue universelle de l’art.

Les rythmes et les symétries (summétria) que les grecs nommaient « Eurythmie », soit le bon rythme, le contraste du noir et du blanc, et ces lignes tendues dans l’ombre par la lumière, caractéristiques du style de David Banks, partout soulignent l’architecture des choses, à moins que ces architectures n’aient d’autre fonction ici que de célébrer la lumière et sa vocation à donner vie à tout ce qui la retient.

Car c’est cette « révélation » que les grecs appelaient « théophanie » mêlant l’idée du divin et de la lumière, à la façon des colonnes du Parthénon, de l’oculus lunaire du Panthéon à Rome, des hauteurs de Sainte Sophie de Constantinople, ou des marbres blancs du Taj Mahal, c’est cette théophanie que David Banks voit partout se manifester de la façon la plus inattendue, sur les structures en béton brut en apparence les plus banales, sur les coupoles de verre comme sur les simples marches d’un escalier, et jusque dans ces architectures saint-sulpiciennes de Lourdes, désertée par la foi des commencements, pour ainsi dire transfigurée par la lumière sous ce regard attentif et d’une sensibilité si rare, qui, sans avoir rien a priori de religieux, manifeste ici par la matière de l’architecture la transcendance de la lumière.

Stéphane Gruet,

architecte, philosophe, directeur du CCHa

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